Le
Grand corbeau

C
rédit :
Ici-Radio-Canada
Le
thème que j’ai choisi, aujourd’hui est celui du Grand corbeau,
beau, le matin et cor .. beau le soir, comme les humains se disent en
pensant à eux, sans doute car le temps passe ! Il est un
« symbole-icône » présent dans les rites celtiques,
notamment pour la fête de « Samain », le deux novembre
de chaque année.
Elle
est connue, aujourd’hui, de tous et notamment des réseaux de
distributions de type « grandes surfaces », comme étant
la fête d’Halloween où surgissent tous les monstres terrestres et
célestes.
Pour
les chrétiens, ce jour correspond à la fêtes de leurs morts. Chez
les celtes un oiseau se tapit au fond de cet espace-temps particulier
consacré à la mort et aux défunts. Cet oiseau, c
’est
un corbeau.
Sur
cette image, ci-contre, vous le voyez perché sur un sablier, symbole
du temps qui passe. Il nous rappelle que tout est voué à l’entropie
et que, qui que nous soyons, nous pourrions être son festin. Au fond
« rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »
nous dit Antoine Lavoisier. C’est une loi implacable de la nature.
L’homme,
si savant soit-il, aura beau exécrer ce volatil pour le message
qu’il nous transmet, lui fait savoir qu’il est l’ouvreur des
espaces subtils, le guide de nos chemins les plus intimes, il est un
passe muraille de notre êtreté en lien avec tout ce qui vit ou qui
aurait vécu … il est notre conscience cachée.
Dans
ce rite celte l’ankou se présente aux adeptes, avec sa
« faulx »
(faux), mais le grand druide prévient :
« N'essayez
pas alors, vous tous qui êtes à toujours des marcassins, de
pénétrer dans le Royaume de l'ANKOU, père de l'ANKEU et de
l'ANKOUN !! ... car cette épreuve serait plus forte que votre
courage !... Demeurez en vous-même et dans votre propre maison
!!... » La fête d’Halloween nous prépare-t-elle à une
telle confrontation ? Le Corbeau nous invite-t-il pas à méditer
sur notre condition ?
Qui
n’a pas d’avis sur ce volatil au plumage noir bleuté ?
Personne.
Il
repousse autant qu’il attire, il inquiète autant qu’il rassure
par son utilité, il intrigue car si l’œil de l’ornithologue
vient se poser avec attention sur ce puissant symbole
« aérien »
l’on découvre chez lui de parfaites leçons de vie.
Il
est, assurément, sage parmi les sages …
je
veux vous prendre à témoin :
-
Il s’adapte partout. Son lieu de vie peut se situer à 6000 mètres
d’altitude au Tibet comme dans nos campagnes les plus proches du
niveau de la mer ;
-
les lieux de vie urbanisés, bien qu’évités, ne le rebutent pas
si nécessité fait loi, les détritus des bipèdes que nous sommes
lui assurent des festins de premier choix … non sans danger pour
eux, cependant ;
-
il est particulièrement efficace pour s’occuper des corps sans vie
et en voie de décomposition. Il prête main forte et parfois
s’impose parmi les multiples charognards. Les vautours sont à ses
côtés sur les « scènes post-mortem ». C’est dire
s’il maîtrise son mental dans des situations à hautes tensions où
la concurrence est rude, et, s’il montre une aptitude à faire face
aux plus puissants.
-
il pratique la solidarité inter-espèces s’insinuant avec
intelligence dans des stratégies de « chasse » mises en
œuvres par d’autres. D’étonnantes associations ont été
constatées avec des meutes de loups.
-
il est fidèle à son terroir. Il sait vivre seul mais la vie en
couple, lui convient, aussi.
-
il sait se faire respecter et n’a besoin d’aucun congénère pour
rappeler à l’ordre, qu’il a établi, les intrus qui auraient
l’idée de s’approprier ce qui ne leur appartiennent pas.
-
si la solitude lui convient parfaitement, de longs instants grégaires
le satisfont d’autant plus que le « dialogue » et les
« hiérarchies » ont posé les règles de la bienséance.
Il
peut même dormir en « dortoir ». Son organisation
« sociale » est remarquable.
-
il aurait une attention particulière pour ses « ascendants »,
voire pour ses frères en l’espèce et, à la mort de l’un
d’entre-eux se mettent en place de curieuses pratiques. ²
-
quand ses découvertes alimentaires sont pléthores ou que la
charogne est de taille, il n’hésite pas à le faire savoir et à
partager !
-
il est doté d’une grande intelligence et d’une mémoire efficace
dont on dit qu’un enfant de cinq ans pourrait ne pas le surpasser.
-
il serait joueur et ferait, même, preuve d’empathie !
Des
études d’ornithologues sont éloquentes sur cet étrange oiseau. Bien sûr
tout n’est pas parfait car son intelligence lui fait
endosser le costume de chapardeur et quand il le faut il est un
prédateur expérimenté … pour les plus petits que lui
naturellement …
Voilà,
donc, un curieux volatil qui, tout compte fait n’est pas si
inhumain que cela … il pourrait même, nous inspirer la sagesse, la
tempérance, le respect, la solidarité, la gestion de
l’environnement. Son incroyable faculté d’intuition, par la
connaissance des liens cachés qui donnent substance au réel, nous
contraint à admettre qu’il accède à des sources d’informations
très subtiles et opportunes, d’où sa présence dans de nombreuses
mythologies.
Et,
parfois parle-t-il … pour dire la vérité ?
Celle
qu’on ne peut avouer qu’en étant masqué … mais là est une
autre histoire … une histoire de lettres … à prendre à la
lettre qu’après moult précautions …
Le
corbeau serait si fier qu’il pourrait devenir inattentif ou naïf
comme nous le fait savoir le Sieur Jean de La fontaine ?
Comme
les humains aurait-il sa part d’ombre et sa part du lumière ?
Qu’en
pensez-vous ?
Pour
moi, j’en suis persuadé, il pourrait bien nous inspirer ... en
venant l’observer ... avec je le concède des transpositions …
utiles et nécessaires … subtiles et intelligentes.
Fraternellement
à toutes et à tous. Lisez bien
Gérard
Baudou Platon
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